Hier soir, nous étions à la première de 24 poses (portraits) au Théâtre Jean-Duceppe, une pièce de Serge Boucher créée en 1999 et présentée jusqu’au 4 octobre 2026. Cette nouvelle production mise en scène par Édith Patenaude réunit Guylaine Tremblay, Martin Drainville, Émilie Bibeau, Marc Beaupré, Frédéric Blanchette, Gabriel Favreau, Myriam Fournier et Benoit Mauffette.
24 poses (portraits) nous plonge dans la famille Dubé, réunie dans la cour arrière d’un bungalow pour célébrer les 40 ans de Richard. Une fête de famille comme il en existe tant : on mange, on boit, on parle tous en même temps, on ressort les vieilles anecdotes, on admire la nouvelle tondeuse et on prend évidemment des photos. En apparence, rien de bien extraordinaire, mais derrière les conversations banales, les blagues et les petits conflits se cachent les blessures, les frustrations et les secrets que personne ne semble vraiment vouloir regarder.
Guylaine Tremblay est formidable en mère volubile, face à un père plutôt bougon. Il y a les mononcles et leurs fameuses blagues de mononcles, le gendre agaçant, la belle-fille qui ne s’assoit pas une seconde pour servir tout le monde… Une galerie de personnages qui rappelle forcément quelqu’un de notre propre famille.
Photo de Dany Taillon
La pièce aborde aussi, parfois avec humour et parfois beaucoup moins, les difficultés financières, l’homosexualité et l’homophobie, mais aussi la grossophobie, souvent sous-jacents aux échanges. Et ces personnages qui fument partout sur scène nous font réaliser à quel point certaines habitudes ont changé…
Au fil du repas, les personnages se dévoilent peu à peu, sans jamais vraiment tout dire. C’est ce mélange de banalité et de non-dits qui rend la pièce si juste. On rit, on observe et, forcément, on se reconnaît un peu.
La mise en scène d’Édith Patenaude est particulièrement réussie, avec un décor qui permet de passer de l’extérieur à l’intérieur de la maison.
Photo de Dany Taillon
Et puis arrive la fin, dure, brutale et particulièrement abrupte. Après avoir passé une bonne partie de la soirée à rire de ces personnages et à nous reconnaître dans leurs petites manies, le spectateur se retrouve soudain confronté à quelque chose de beaucoup plus sombre. Le contraste est saisissant.
24 poses (portraits) est finalement une histoire de famille comme les autres… avec ses petites habitudes, ses maladresses, ses secrets et ses silences. Et c’est probablement pour cela que, 27 ans après sa création, elle résonne encore autant.
au Duceppe jusqu'au 4 octobre 2026
Billets à partir de 46,25$



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