Hier soir, on était au Gesù pour la première médiatique de TROP COOL, le nouveau spectacle de Maude Landry — et on peut le dire tout de suite : on a ri du début à la fin.
À 34 ans, Maude Landry s’impose de plus en plus comme une voix unique en humour au Québec. Diplômée de l’École nationale de l’humour, elle s’est d’abord fait connaître comme autrice (notamment pour la télé, par exemple pour Like-moi ! ou Les Simone) avant de prendre pleinement sa place sur scène. TROP COOL est son deuxième one-woman-show, et on sent une artiste en pleine confiance, qui maîtrise son rythme et assume complètement son style.
Un style, justement, difficile à résumer — et c’est ce qui fait sa force. Chez Maude Landry, pas de structure rigide ni de punchlines prévisibles. Elle déroule ses idées comme elles viennent, emprunte des détours, semble parfois s’égarer… mais retombe toujours sur ses pieds avec une efficacité redoutable. C’est décousu, assumé, intelligent — et surtout, terriblement drôle.
Contrairement à ce que son affiche colorée pourrait laisser croire, on n’est pas dans un spectacle nostalgique des années 90. Ici, Maude s’attaque plutôt à ses observations du quotidien, à ses malaises, à ses réflexions intérieures. Et elle le fait avec cette capacité bien à elle de rendre l’ordinaire complètement absurde.
Le titre TROP COOL prend d’ailleurs tout son sens sur scène : Maude joue avec cette idée qu’elle n’est justement pas naturellement cool. Elle fait semblant d’envier ces gens qui dégagent une aisance spontanée, qui savent toujours quoi dire, comment être. Elle, au contraire, décortique ses inconforts, ses hésitations, ses détours mentaux — et c’est précisément là que naît l’humour. Alors qu’elle affirme ne pas être à l’aise dans les interactions avec le public, contrairement à nombre de ses collègues humoristes, elle réussit pourtant à créer une proximité avec la salle, comme si on entrait directement dans le fil de ses pensées.
Parmi les moments marquants de la soirée : ce passage sur sa mère (présente dans la salle), qui se justifie à répétition, maladroitement, pour prouver qu’elle n’est ni raciste ni homophobe, évoquant Simon Boulerice — lui-même assis dans la salle ! Et puis il y a ce moment délicieux où elle s’installe au piano. On s’attend à une chanson, à un numéro musical… mais non. Elle avait juste envie de s’asseoir. Un gag tout simple, mais qui résume bien son humour : déjouer les attentes et surprendre là où on ne l’attend pas.
Avec TROP COOL, Maude Landry confirme qu’elle est une humoriste à part. Une artiste qui n’essaie pas de rentrer dans un moule (allo les humoristes qui cèdent aux sirènes des publicitaires pour gonfler leur CELI), qui fait confiance à son instinct et à son intelligence comique — et qui nous entraîne avec elle, même quand on ne sait pas exactement où elle s’en va.
Et honnêtement, c’est ça qui rend le spectacle aussi réussi.
La tournée de Maude Landry se poursuit au Québec, avec des dates jusqu'en mai 2027 : ICI.


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