Il y a des spectacles qui frappent par leur puissance, d’autres par leur finesse. Que notre joie demeure, présenté au Théâtre du Nouveau Monde, réussit l’exploit d’allier les deux.
Adaptée du roman de Kev Lambert, lauréat du prestigieux prix Médicis en 2023, cette pièce suit Céline Wachowski, architecte montréalaise devenue une célébrité internationale après des décennies de succès. Auréolée de prestige, riche au-delà de toute mesure et star d’une série Netflix, elle accepte — pour la première fois de sa carrière — de concevoir un grand édifice dans sa ville natale : le siège social de la multinationale Webuy. Très vite, le rêve se fissure. Accusée de gentrifier un quartier populaire, de malmener son personnel et d’avoir bâti sa fortune sur des investissements douteux, Céline voit sa réputation s’effondrer aussi rapidement qu’elle s’est élevée. Au cœur de la tourmente demeure une énigme : qui est vraiment Céline Wachowski?
La manière dont le spectacle utilise l’architecture comme prétexte pour aborder des enjeux sociaux brûlants m'a beaucoup intéressé : gentrification, éthique personnelle, responsabilité des élites, contradictions intérieures, capitalisme brutal, crise du logement. Une idée brillante, portée par une mise en scène qui ose les sous-couches, les zones grises, les dilemmes moraux. On en ressort remué, voire secoué.
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| crédit photo: Yves Renaud |
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| crédit photo: Yves Renaud |
La salle ne s’y trompe pas : les acclamations fusent à la fin du spectacle, signe d’une réception enthousiaste et méritée. La mise en scène, signée Maxime Carbonneau et Laurence Dauphinais, est d’une grande intelligence, structurée, audacieuse.
Une pièce qui résonne, qui provoque, qui questionne – et qui reste longtemps dans la tête. Je recommande vivement!
Que notre joie demeure
Théâtre du Nouveau Monde (TNM)
Jusqu'au 19 avril 2026
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