L'Usine C accueille ces jours-ci une œuvre percutante, intime et profondément viscérale. Si vous cherchez une sortie culturelle qui fait réfléchir bien au-delà des saluts de fin de spectacle, c'est avec Qui a tué mon père que ça se passe.

Avant d’être une pièce de théâtre, Qui a tué mon père est un récit autofictif coup de poing signé Édouard Louis. Né Eddy Bellegueule en 1992 dans un village ouvrier de la Somme en France, l’écrivain français s’est fait connaître de manière éblouissante dès 2014 avec son premier roman autobiographique, En finir avec Eddy Bellegueule.
Marqué par la pauvreté, la violence masculine et l’homophobie subies durant son enfance, Édouard Louis est ce qu’on appelle un « transfuge de classe » : devenu normalien et sociologue à Paris, il consacre désormais son œuvre à disséquer les mécanismes d’exclusion, la honte sociale et les fractures du monde ouvrier. Ses livres sont traduits dans des dizaines de langues.
Marqué par la pauvreté, la violence masculine et l’homophobie subies durant son enfance, Édouard Louis est ce qu’on appelle un « transfuge de classe » : devenu normalien et sociologue à Paris, il consacre désormais son œuvre à disséquer les mécanismes d’exclusion, la honte sociale et les fractures du monde ouvrier. Ses livres sont traduits dans des dizaines de langues.
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| Crédit photo Jean-Louis Fernandez |
Dans Qui a tué mon père, l’auteur retourne au chevet de son père, un homme usé, malade et brisé physiquement à seulement cinquante ans.
Pourtant, le texte ne s’attarde pas uniquement sur le souvenir d’un père autrefois autoritaire, homophobe et dur. Il retrace l’histoire d’une réconciliation pudique et tente d’analyser les causes réelles de son déclin. Édouard Louis y dresse une mise en accusation directe des réformes sociales et des décisions politiques successives qui, en coupant dans les aides et en dégradant les conditions de travail des classes populaires, ont lentement mais sûrement détruit le corps de son père.
Pourtant, le texte ne s’attarde pas uniquement sur le souvenir d’un père autrefois autoritaire, homophobe et dur. Il retrace l’histoire d’une réconciliation pudique et tente d’analyser les causes réelles de son déclin. Édouard Louis y dresse une mise en accusation directe des réformes sociales et des décisions politiques successives qui, en coupant dans les aides et en dégradant les conditions de travail des classes populaires, ont lentement mais sûrement détruit le corps de son père.
Intime et politique à la fois, le spectacle raconte l’histoire ultra-personnelle d’un fils face à son père certes, mais devient soudainement le miroir de réalités sociopolitiques criantes. Malgré la dureté apparente du propos et la lourdeur des thématiques abordées (la précarité, la violence, le déterminisme social), la pièce ne tombe jamais dans le pathos ou la colère stérile. Il y a une immense tendresse qui traverse le récit, une pudeur touchante où la rancœur fait place à une tentative lumineuse de compréhension. Et enfin (et surtout), voir Édouard Louis incarner sa propre parole sur scène apporte une authenticité désarmante. Sa présence est humble, nuancée et vibrante. Chaque mot prononcé semble lourd de vérité, nous tenant en haleine dans un silence quasi religieux de la salle.
Malgré la lucidité très crue des propos, la pièce est essentielle par l'humanité qui s'en dégage. À voir!

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