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Le dos de Suzanne

Le dos de Suzanne

Au Théâtre de Quat’Sous, Le dos de Suzanne propose une plongée aussi intime que troublante dans la relation entre une mère et son fils. Présentée du 30 septembre au 18 octobre, cette création de Gabriel Charlebois Plante publiée chez Leméac le 30 septembre 2026, mise en scène par Odile Gamache, oscille entre autofiction et invention.


Sur scène, Louise Bombardier, Richard Fréchette et Jean Marchand donnent vie à cette histoire centrée sur une mère et son fils. Suzanne est une mère aimante, attentive, qui souhaite avant tout le bonheur de son enfant. Mais lorsqu’il s’agit de mettre ses sentiments en mots, quelque chose bloque. Alors l’amour trouve d’autres chemins, notamment à travers la nourriture.

Des toasts aux pêches, du lait aux bananes, du popcorn au sirop de maïs… Suzanne nourrit son fils avec une générosité presque débordante. Ces plats deviennent une manière de prendre soin de lui, mais aussi de lui dire ce qu’elle n’arrive pas nécessairement à exprimer autrement : « je t’aime ». Derrière ces gestes du quotidien se cachent pourtant les inquiétudes, les non-dits et une certaine culpabilité.


C’est justement ce qui rend la pièce intéressante : elle ne présente pas une relation mère-fils idéale ou parfaitement harmonieuse. Elle s’attarde plutôt sur ces liens familiaux complexes dans lesquels l’amour est bien présent, mais où la communication n’est pas toujours aussi simple. Le titre lui-même fait référence à ce « dos » qui reçoit les angoisses, les silences et tout ce qui ne trouve pas les mots pour être exprimé.

J’ai particulièrement aimé le côté intime de la proposition. Dans la petite salle du Théâtre de Quat’Sous, le public est proche de la scène, ce qui donne encore plus de force aux moments de tension comme aux scènes plus tendres. Le lieu, reconnu pour ses créations contemporaines et son rapport de proximité avec les artistes, se prête particulièrement bien à ce type de récit.


Le dos de Suzanne est une pièce qui parle finalement de quelque chose de très universel : la difficulté de dire aux gens qu’on aime ce que l’on ressent réellement, surtout lorsqu'on sent que la fin approche. Parfois, on le fait avec des mots. Parfois avec un repas, une attention, une présence ou un geste qui semble banal, mais qui signifie beaucoup.


Avec son mélange d’intime, d’étrangeté et de tendresse, la pièce laisse une impression qui dépasse la représentation elle-même. Une proposition théâtrale à la fois sensible et dérangeante, qui nous pousse à regarder autrement ces petites choses par lesquelles on tente, au quotidien, de dire « je t’aime » sans forcément le prononcer.


au Théâtre de Quat'Sous
du 30 septembre au 18 octobre 2026
Billets de 30$ à 55$

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