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Festival du Monde Arabe : une ouverture pleine d’humour avec Baaziz

Festival du Monde Arabe : une ouverture pleine d’humour avec Baaziz

Du 30 octobre au 15 novembre 2026, Montréal accueille la 27e édition du Festival du Monde Arabe (FMA). Créé en 2000, ce rendez-vous culturel propose chaque année de faire dialoguer les cultures arabe et occidentale à travers la musique, le théâtre, le cinéma, la danse et les rencontres.
 
 

L’objectif du festival est de favoriser les échanges entre les cultures, de bousculer les idées reçues et d’ouvrir des espaces de réflexion grâce à l’art. La programmation fait notamment découvrir des artistes du Maghreb et du Moyen-Orient, dans toute leur diversité, à travers des spectacles, des projections et des rencontres qui mêlent traditions et créations contemporaines.

J’ai assisté vendredi soir au spectacle d’ouverture avec Baaziz, et quelle belle découverte! Je ne connaissais pas cet artiste algérien et j’ai été séduite par sa gouaille, son humour décapant et ses talents de conteur.

Accompagné de quatre musiciens, il ne se contente pas de chanter : il raconte, interpelle, plaisante et enchaîne les anecdotes avec une énergie communicative. Il prend aussi lui-même la guitare et l’harmonica, donnant au spectacle une dimension très personnelle. Sur scène, il est aussi à l’aise pour faire rire que pour faire passer ses idées.
 
 

Né en 1963 à Cherchell, en Algérie, sous le nom d’Abdelaziz Bekhti, Baaziz est un auteur-compositeur-interprète connu pour ses chansons satiriques et son engagement. Son univers musical mêle notamment le chaâbi algérien, la folk et la chanson française. Il s’est fait connaître par ses textes contestataires, qui n’épargnent ni le pouvoir ni les travers de la société. Son franc-parler lui a d’ailleurs valu des épisodes de censure en Algérie.

Petite coïncidence personnelle qui a rendu cette découverte encore plus touchante : Baaziz est originaire de Cherchell, tout comme ma famille paternelle, d’origine pied-noir. Son grand-père était marin-pêcheur à Cherchell, tout comme le mien. Une ville dont le nom résonne donc différemment pour moi. 
 
 

Sur scène, l’artiste n’a rien perdu de son mordant. Entre deux chansons, il enchaîne les commentaires politiques et les traits d’humour. Il propose notamment une reprise de Renaud revisitée pour parler de Marine Le Pen et de Bruno Retailleau. La chanson devient un outil de satire, une manière de dénoncer les discours politiques et les contradictions de notre époque tout en faisant rire la salle.

J’ai toutefois eu un petit regret : une bonne partie du spectacle se déroulait en arabe sans traduction et je n’ai donc pas pu profiter pleinement de toutes ses interventions. Quelques subtilités et certaines histoires m’ont forcément échappé. Mais même sans tout comprendre, on saisit l’énergie, l’ironie et la complicité qu’il installe avec le public. Son talent de conteur est indéniable et son humour passe souvent au-delà des mots.
 
 

Cette soirée d’ouverture donne le ton d’un festival qui ne cherche pas seulement à faire découvrir des musiques ou des traditions, mais aussi à faire entendre des voix singulières et des regards parfois irrévérencieux sur le monde. Avec Baaziz, la musique devient un espace de liberté où l’on peut parler de politique, d’identité et de société sans se prendre trop au sérieux.

Le Festival du Monde Arabe se poursuit jusqu’au 15 novembre, avec une programmation qui fait voyager entre les cultures, les langues et les imaginaires. Une belle occasion de sortir des sentiers battus et de découvrir des artistes que l’on n’aurait peut-être pas eu l’idée d’aller voir autrement. Pour ma part, je repars avec une belle découverte musicale et l’envie de mieux connaître l’œuvre de Baaziz.
 
 
 
La programmation complète est à retrouver sur le site officiel du Festival du Monde Arabe.

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