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Félix, je me souviens

Félix, je me souviens

Nous étions hier soir à la première médiatique de Félix, je me souviens, au Théâtre St-Denis, un spectacle multidisciplinaire qui rend hommage à l’un des artistes les plus marquants de l’histoire du Québec. Pour l’occasion, de nombreuses personnalités du monde artistique étaient présentes dans la salle, mais aussi les trois enfants de Félix Leclerc.


Cette production québécoise, portée par LCQ Productions et mise en scène par Martin Genest, réunit une vingtaine d’artistes dans une fresque qui mêle chanson, théâtre, cirque, illusion et vidéo. La direction musicale est assurée par Simon Leclerc, tandis que la dramaturgie est signée Jean-Philippe Lehoux.

Parmi les interprètes, on retrouve notamment Kathleen Fortin, Jean Maheux, Jean-François Poulin, Klara Martel-Laroche, Laetitia Isambert, Réginald Bellamy et Nicolas Drolet, accompagnés de circassiens qui apportent une dimension physique et spectaculaire au récit.


Chanteur, auteur, poète, comédien et homme engagé, Félix Leclerc a profondément marqué la culture québécoise. Figure importante du mouvement indépendantiste, il a porté dans ses chansons et ses prises de position son amour du Québec, ses convictions politiques et ses préoccupations sociales. Décédé le 8 août 1988, il a laissé derrière lui une œuvre immense qui continue de résonner aujourd’hui.

Plutôt que de chercher à faire incarner Félix par un seul interprète, le spectacle choisit de lui laisser toute la place. Plusieurs artistes se succèdent pour donner vie à l’homme, à ses proches et aux différentes étapes de son parcours. Les voix sont magnifiques et les musiciens jouent en direct. La voix de Félix lui-même se fait également entendre, avec une qualité sonore parfois inégale, comme un écho venu du passé qui dialogue avec les artistes sur scène.

La mise en scène est particulièrement inventive. La scène ronde et tournante permet de multiplier les perspectives et de faire évoluer les tableaux sans rupture. Des images d’archives côtoient les projections, tandis que des maquettes filmées par en dessous créent des images étonnantes. L’ensemble donne naissance à une fresque vivante, où les disciplines artistiques se répondent pour évoquer aussi bien l’enfance de Félix que ses rencontres, ses voyages, son amour pour l'Île d'Orléans, ses engagements et son parcours artistique.


Le spectacle permet ainsi de découvrir un Félix Leclerc plus complexe que la seule image du chansonnier que l’on connaît. On en apprend davantage sur sa vie, ses convictions, les personnes qu’il a croisées et l’influence qu’il a exercée sur son époque. C’est aussi l’occasion de replacer son histoire dans celle du Québec et de comprendre combien son œuvre était liée à l’évolution de la société.

Nous avons beaucoup apprécié cette proposition originale. Nous ne connaissions finalement que deux de ses chansons, Moi, mes souliers et Le petit bonheur, et nous sommes ressortis avec l’envie d’en découvrir davantage. C’est aussi ce qui fait la force de ce spectacle : au-delà de la nostalgie, il donne envie de renouer avec une œuvre et un homme dont les mots restent étonnamment actuels.

Félix, je me souviens est présenté au Théâtre St-Denis, à Montréal, du 14 au 25 octobre 2026, avant de poursuivre sa route au Théâtre Capitole, à Québec, du 31 octobre au 15 novembre. Une belle occasion de découvrir ou de redécouvrir ce grand nom de notre patrimoine culturel.

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