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Hakim Jemili - Juste pour rire

Alex Vizorek - Juste pour rire

Vendredi soir, dans le cadre du Festival Juste pour rire, l'Olympia accueillait Alex Vizorek, un humoriste qui cultive avec bonheur une place à part dans le paysage francophone. À 44 ans, le Belge est devenu une voix familière pour des millions d'auditeurs grâce à ses chroniques d'actualité, d'abord pendant 12 ans sur France Inter, puis depuis 3 ans sur RTL. Il ne cache d'ailleurs pas que le public de France Inter lui manque parfois... avant d'ajouter que lorsqu'il regarde sa fiche de paie, cette nostalgie disparaît assez vite. Une formule à son image : élégante, malicieuse et parfaitement dosée.


Né à Bruxelles, Alex Vizorek s'est d'abord destiné à d'autres carrières avant de se tourner vers la scène. Diplômé en commerce et en journalisme, il s'est rapidement imposé grâce à un humour mêlant culture générale, autodérision et regard acéré sur l'actualité. En parallèle de ses spectacles, ses chroniques sur RTL et ses interventions à Télématin continuent de faire mouche. C'est d'ailleurs un rendez-vous que je ne manque pas tant elles sont intelligemment écrites et toujours très drôles.

À Montréal, il présentait 2 1/2, un spectacle lancé en 2025. Son titre est un clin d'œil au chef-d'œuvre de Federico Fellini, 8½, une référence qui résume assez bien son univers : un humour où la culture n'est jamais bien loin, mais qui reste accessible à tous. Après ses 2 précédents spectacles plus construits, il revient ici à l'essence même du stand-up : un micro, une lumière et près d'1h30 de confidences, d'improvisations et de réflexions.


Alex Vizorek est souvent présenté comme un "humoriste intello". Il s'en amuse lui-même, et il faut reconnaître que le public de l'Olympia était un peu plus âgé que celui que l'on retrouve habituellement dans les spectacles d'humour. Mais derrière cette étiquette se cache surtout un formidable raconteur. En quelques secondes, il est capable de demander à un spectateur de citer son peintre autrichien préféré avant de faire bifurquer la conversation vers Hitler, avec un sens du décalage qui déclenche les éclats de rire de toute la salle.

S'il aime convoquer l'histoire, la philosophie ou les grands noms de la culture, il n'hésite jamais à redescendre sur terre. Le Womanizer, les petits travers du couple ou les réalités très concrètes de la quarantaine trouvent naturellement leur place dans son spectacle. Ce grand écart permanent entre références intellectuelles et humour beaucoup plus terre à terre fait toute sa signature.


Il se livre également avec beaucoup d'autodérision. Sans enfants, mais heureux tonton d'un neveu, il évoque avec tendresse sa compagne, plus âgée que lui, avec laquelle il partage des surnoms aussi absurdes qu'hilarants. Lui est "Crapaud", parce que lorsqu'on l'embrasse, aucun prince charmant n'apparaît. Elle est "Lampe magique", parce que même en la frottant, aucun génie ne surgit. Une façon très personnelle de raconter son quotidien qui le rend particulièrement attachant.

Comme toujours chez Vizorek, les blagues s'enchaînent à un rythme soutenu. On rit autant de ses références artistiques que de ses anecdotes les plus intimes. On apprend parfois quelque chose, mais sans jamais avoir l'impression d'assister à un cours. C'est tout son talent : réussir à faire cohabiter culture, actualité, autodérision et humour plus décalé dans un même spectacle.

Le Festival Juste pour rire est loin d'avoir dit son dernier mot. Si vous aimez découvrir des humoristes aux styles variés, qu'ils soient québécois, français, belges ou d'ailleurs, prenez le temps de jeter un coup d'œil au reste de la programmation. Il reste encore de nombreuses occasions de rire et de faire de belles découvertes d'ici la fin du festival.

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