La pièce Frères, présentée au Théâtre Duceppe jusqu’au 16 mai 2026, s’inscrit dans la continuité du regard sensible que Nathalie Doummar porte sur les liens familiaux et les identités multiples. Après Mamma, qui avait touché le public du Duceppe en 2022, l’autrice revient avec une œuvre cette fois entièrement masculine, peuplée de huit hommes qui se retrouvent dans un chalet pour affronter, chacun à leur manière, ce qu’ils ont hérité de leur histoire, de leur culture et de leurs silences.
Nathalie Doummar, née à Montréal de parents égyptiens, écrit à partir de ce double ancrage. Son travail explore les zones de tension entre les origines et le présent, entre ce qu’on transmet et ce qu’on tait. Dans Frères, elle déplace ce questionnement vers les hommes de sa communauté, ceux qui ont grandi entre l’Égypte et le Québec, et qui portent en eux des manières d’être façonnées par deux mondes.
La mise en scène est d’une grande beauté. Le décor de chalet, chaleureux mais chargé de non-dits, devient un espace où les souvenirs se heurtent, où les gestes parlent plus fort que les mots. La présence d’un pianiste-chanteur sur scène accompagne avec beaucoup de sensibilité les émotions que les personnages n’expriment pas.
La mise en scène est d’une grande beauté. Le décor de chalet, chaleureux mais chargé de non-dits, devient un espace où les souvenirs se heurtent, où les gestes parlent plus fort que les mots. La présence d’un pianiste-chanteur sur scène accompagne avec beaucoup de sensibilité les émotions que les personnages n’expriment pas.
Crédit photo : Danny Taillon
Le thème des hommes qui ne parlent pas de leurs sentiments peut sembler un peu cliché, mais ici, ce silence est aussi culturel, générationnel, parfois même protecteur. Il fait partie du propos, et Nathalie Doummar le traite avec nuance, humour et tendresse. On comprend que ces hommes ne manquent pas de profondeur, mais de mots — et que cette difficulté à se confier est aussi un héritage.
On a beaucoup aimé Frères. La pièce touche, amuse, surprend, et surtout, elle résonne longtemps après, tout comme Mamma. Elle parle de ce qu’on porte sans le dire, de ce qu’on transmet malgré soi, et de la manière dont les liens masculins peuvent être à la fois solides et fragiles.
Frères au Théâtre Jean Duceppe
Du 15 avril au 16 mai 2026


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