Jusqu’au 21 février, le Théâtre Duceppe nous présente Boîte noire. Et ce n’est pas un spectacle qu’on regarde passivement.
Il y a des œuvres qui divertissent. Et puis il y a celles qui dérangent, qui bousculent, qui forcent le regard à se tourner vers l’intérieur. Boîte noire appartient résolument à cette seconde catégorie.
Dès les premières minutes, la pièce nous place face à nous-mêmes, nous oblige à interroger nos zones d’ombre, nos angles morts, nos réflexes collectifs. Le public n’est pas un simple spectateur : il devient témoin, presque complice malgré lui.
Boîte noire aborde des thèmes très actuels — la gestion de crise, la circulation de l’information, la prise de décision sous pression et les conséquences humaines qui en découlent. Présentée comme un thriller dystopique ambitieux et intense, la pièce plonge le public dans un futur proche où la quête de performance et la technologie prennent le pas sur l’humain. Déshumanisation technologique, inégalités sociales, pression constante de l’optimisation personnelle : les résonances avec notre présent sont troublantes.
Crédit photo : Danny Taillon
La mise en scène de Justin Laramée est audacieuse et visuellement marquante. Elle emprunte aux codes du cinéma de science-fiction, créant une expérience immersive où l’éclairage, les néons et l’espace scénique maintiennent une tension constante. Rien n’est gratuit : chaque choix esthétique participe à l’inconfort, à l’urgence, à la sensation d’être pris dans un système qui nous dépasse.
Écrite par Catherine-Anne Toupin, autrice québécoise reconnue pour son théâtre ancré dans le réel et les enjeux sociaux contemporains, Boîte noire s’inscrit parfaitement dans la programmation du Duceppe, fidèle à sa mission de proposer des œuvres actuelles, engagées et en dialogue direct avec la société.
Crédit photo : Danny Taillon
La pièce refuse le confort de l’indifférence. C’est après la représentation, dans les discussions qu’elle provoque et les remises en question qu’elle amorce, que Boîte noire continue de résonner.
Un théâtre nécessaire, exigeant, profondément actuel — à voir, et surtout, à digérer.
À noter toutefois : Boîte noire s’adresse à un public averti. Elle mêle science-fiction, réflexion et malaise assumé. Ici, on est loin du « feel good ». Et c’est précisément ce qui en fait la force.
jusqu'au 21 février 2026 au Théâtre Duceppe
Billets à partir de 69$



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