La première montréalaise du spectacle musical Evangeline avait lieu hier à la Place des Arts, proposant une relecture à la fois sensible et spectaculaire d’un pan majeur de l’histoire acadienne, porté par une histoire d’amour devenue mythique.
Inspiré du poème Evangeline de Henry Wadsworth Longfellow, le spectacle revient sur le Grand Dérangement de 1755, lorsque la population acadienne fut déportée par les autorités britanniques. Au cœur du récit se trouvent Évangéline et Gabriel, deux amoureux séparés par l’exil, dont la quête et l’attente traversent les années et les territoires.
Le rôle-titre de ce spectacle à gros déploiement est interprété par Maud Cyr-Deschênes, dont la performance compte parmi les grandes forces de la production. Sa voix, à la fois puissante et nuancée, porte l’émotion du récit. Plus largement, les voix féminines dominent l’ensemble, se révélant globalement plus incarnées et plus affirmées que les voix masculines.
La mise en scène s’appuie sur de belles projections visuelles, évoquant tantôt les paysages acadiens, tantôt l’errance et la mémoire de l’exil. Les moments — particulièrement dans la première partie — où les chanteurs se retrouvent en chœur figurent parmi les plus beaux du spectacle : la musique y prend toute son ampleur et l’Acadie semble alors vibrer d’une seule voix.
En parallèle de la scène, l’album Evangeline permet de prolonger l’expérience musicale. Il met en valeur la qualité des compositions, résolument accrocheuses, qui empruntent aux codes de la comédie musicale populaire et soutiennent efficacement la narration.
D’une durée d’environ trois heures, entracte compris, le spectacle impressionne par son ampleur, mais laisse parfois une impression de longueur. Certains passages auraient gagné à être resserrés afin de maintenir un rythme dramatique plus soutenu.
Malgré ces réserves, Evangeline parvient à rendre accessible une page complexe de l’histoire sans la simplifier à outrance, réussissant à conjuguer mémoire historique et grand spectacle.
À Montréal encore cette fin de semaine, Evangeline reviendra fin juillet pour des supplémentaires, et sera en tournée jusqu’au mois de septembre. Une occasion à saisir pour découvrir - ou redécouvrir - l’histoire acadienne autrement : en musique, en images et, surtout, en émotions.
du 5 au 8 février 2026 à la salle Wilfrid Pelletier de la Place des Arts
Supplémentaires du 30 juillet au 9 août 2026
En tournée à Québec, Trois-Rivières et Moncton jusqu'en septembre




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